samedi 28 novembre 2009

Relation Amour-Haine - Love-Hate Relationship



Je ne suis pas un fan de boxe, mais je suis tombé sur cette photo ce matin... elle me fait penser à ces relations Amour-Haine que les gens entretiennent parfois et qu'on peut clairement voir sur certaines photos.
Des regards qui se croisent.
Des yeux qui se parlent.
Là, je trouve que Librado Andrade (à gauche) et Lucian Bute (à droite) montrent vraiment toute l'émotion que peut renfermer un combat de boxe.
Bon d'accord, je vous concède que ces photos prises lors de la pesée ont un fort côté cinématographique, mais quand même... il est aussi vrai que les sportifs professionnels sont des acteurs... parfois bons, parfois bien piètres.


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I am not really a boxing fan but I found this photo earlier this morning and it got me thinking about the sometimes Love-Hate relationship we keep sometimes with people and is pretty well shown here.
Looks that cross paths.
Eyes that talk.
Here, I think that the two boxers, Librado Andrade (left) and Lucian Bute (right), show very how high emotions can run before a fight.
Okay, I'll give you that these pictures taken the day of the weigh-in take on a powerful movie appearance but still...
I'll also admit to the fact that professional sportsmen are actors... sometimes good, sometimes very mediocre.

vendredi 27 novembre 2009

Souvenirs de Noëls - Christmas Reminiscing

Décembre 1982.
Mon TOUT premier Noël seul, loin de ma famille.
À peine débarqué en France, mon pays d’origines que je ne connaissais que très peu et de réputation, fraîchement engagé dans la Marine Nationale Française, la Royale, on m’avait affecté à Rochefort sur Mer, en Charente Maritime.
Arrivé à Québec à l’âge de deux ans, ce Noël 1982 est mon tout premier souvenir d’un Noël pas blanc, d'un Noël sans neige.
Un Noël dénué de bien plus encore.

Le réchauffement de la planète et les changements climatiques font bonne presse depuis quelques années, mais je peux vous dire qu’en 1982, Dame Nature était déjà bien échaudée car je me souviens avoir participé à des manœuvres appelées Plan OR-SEC (Organisation Sécurité) où on déploie toutes les forces disponibles pour venir en aide aux sinistrés de rivières belligérantes et autres cours d’eau menaçants.
Je m’étais fait des potes dans la Compagnie Républicaine de Sécurité (les CRS), chez les pompiers, la police et bon nombre aussi dans d’autres corps militaires.
Cette année là, c’était les deux départements de la Charente. Une bonne partie de la côte Atlantique était sous le joug des eaux en colère.
Saintes, Niort, Rochefort, jusqu’à Angoulême…
On m’avait affecté à Saintes, la ville la plus touchée.
Et nous étions logés de fortune sur une base de l’Armée de l’air.
Le 23 décembre, après déjà quelques jours de travail sur les lieux, à bâtir des trottoirs sur pilotis, à renforcer quelques structures, le commandant des forces d’intervention (un officier supérieur de la Marine) nous avait promis que nous serions relevés la journée même et qu’on nous donnerait la fête de Noël pour rentrer chez nous. On avait fait du bon boulot.
J’étais content pour mes potes. De toute façon, moi, je n’avais aucun autre endroit où aller…

Cette journée là, on nous avait confié une énorme chaloupe à un nouveau pote (Patrick) et à moi. Notre tâche allait consister à transporter les sinistrés avec leurs biens, leurs animaux, ce qu’ils allaient vouloir sauver. Afin de faire moins de voyages, d’aller plus vite, de parer à l’urgence, j’ai décidé de laisser ma place au sec et de tirer l’embarcation en marchant dans l’eau. Patrick m’a aussitôt suivi. Nous avions de l’eau parfois jusqu’aux épaules tandis que nous avancions de peine et de misère.

Par moments, nous perdions pieds et devions carrément nager.
Les eaux étaient montées de plus de six mètres cette année-là.
Après coup, on a même parlé de crue du siècle.
Nous étions tous deux commandant (lui) et second (moi). On s’amusait, on plaisantait, on faisait tout pour dérider ces pauvres gens qui venaient de tout perdre, pour certains. Et puis, après tout, c’était Noël pour eux aussi. Autant faire contre mauvaise fortune bon cœur. Patrick était de l’aéronautique navale. Un cran plus gradé que moi, un soupçon plus âgé.
Mais beaucoup plus drôle. Un duo. Jerry Lewis et Dean Martin. Laurel et Hardy. Abbott et Costello.
On chantait, on rigolait, on faisait rire et sourire. On faisait les pitres.

Une vieille dame qui refusait de quitter son logis (elle habitait au quatrième et l’eau s’était arrêtée au milieu du premier) nous a signalé sa présence et on lui avait promis de passer la voir plus tard.

Notre quartier général, c’était un carrefour où la rue grimpait après un pont et où le Fleuve avait été heureusement stoppé par l’escarpement. Là, tout le monde était parqué. Ils y avaient installé un bivouac improvisé. On y trouvait des camions, des ambulances, des moteurs hors-bord que nous ne pouvions utiliser à cause des vagues, des remous et des obstacles sous-marins, des autocars pour le transport des sinistrés, et des dizaines de badauds, certains curieux, d’autres admiratifs, tous reconnaissants.
Il y avait toujours quelqu’un pour nous agripper et glisser dans nos manteaux des cartouches de cigarette, des sandwiches, de la charcuterie, des casse-croûte, des jus, de l’alcool…
Et on replongeait pour chercher d’autres sinistrés, d’autres gens…
Mon pote commandant ne se mettait même plus en colère quand je refusais de monter dans la barque au lieu de patauger en la tirant.
J’étais trempé et il faisait moins froid dans la flotte que sur elle.
De toute façon, on devait être relevés avant la tombée de la nuit… et peut-être même renvoyés chez nous... qu’ils avaient promis...

Il en a été tout autrement…
Après la tombée de la nuit, à l’orée du 24 décembre, mon pote et moi tirions notre barque, tous les deux dans l’eau, en se disant partis pour une sacré promenade quand un Second Maître, équipé de deux rameurs, est venu nous prévenir qu’il n’y aurait aucune relève avant peut-être le lendemain midi et qu’il fallait assurer une permanence, histoire de parer aux éventuelles urgences et prévenir les pillages.
- Lâchez pas les gars ! a-t-il envoyé comme dans un film états-uniens.
Patrick et moi avons recommencé à chanter, mais des chansons de garde, des chansons grivoises cette fois-ci.
Autant en rire.
Aussitôt, il s’est rappelé la vieille dame de plus tôt.
Celle qui nous avait fait signe de monter la voir.
Notre chaloupe était vide.
Comme une pause.
On était trempés.
Littéralement jusqu’aux os.
Et il se faisait tard.
Elle discutait avec sa voisine d’en face, elle aussi résignée à tenir un siège comme pour combattre l’affront.
Elles ont entendu arriver nos refrains cochons. La Dame riait, penchée à sa fenêtre, comme si elle y avait passé des années. Comme si elle s’apprêtait à y passer l’éternité. En nous faisant d’autres grands signes de la main.
Les deux voisines se sont souhaité la bonne nuit et bon courage... à demain matin...
On a attaché la barque devant sa porte, comme un cow-boy son cheval devant le saloon, et on est montés avec toute la fatigue du monde en émoi sur nos épaules.
Elle était si heureuse de nous voir. Nos vêtements essorés allaient sécher dans sa baignoire. Elle a sorti une bouteille de Cognac VSOP... du Prince Hubert de Polignac... que nous avons sifflé à trois en se racontant.
Au bout de nos forces, de la bouteille et de nos confidences, on a fini par s’endormir.
D’un sommeil désagréable, nerveux, écoeuré, presque malade. Mais content quand même.
Pour se faire réveiller au très petit matin par des cris provenant de la maison d’en face, au même étage que nous.
Habillés en vitesse de nos vêtements encore humides, bises à la dame, nous voilà repartis, reposés et ragaillardis cette fois-ci en courant et en escaladant les marches quatre à quatre.
De l’autre côté, le monsieur était étendu sur le plancher, inerte.
- Putain, mais je sais vraiment pas quoi faire ! me glisse Patrick.
Je lui ai fait signe de se taire, histoire de ne pas effrayer la dame du monsieur.
Militaires, on en a tous eus, mais il fallait quand même se rappeler des cours de premiers soins. Alors je me suis mis à faire le massage cardiaque et Pat le bouche à bouche.
Il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire.
La dame nous encourageait. Elle était admirablement calme, presque résignée.
- Ça lui a pris tout d’un coup, comme ça... qu’elle nous racontait. Il était debout, une douleur et il s’est écroulé.

Il n’était pas 07H00 du mat quand Pat et moi avons ramené notre tout premier corps vers le QG. La dame avait préféré rester derrière, chez elle. On l’a plutôt aidée à traverser chez sa voisine d’en face.

Toute la journée du 24 s’est déroulée selon la routine des dernières heures, à trimballer cette maudite chaloupe qui semblait peser dix fois plus avec chaque heure de plus qu’on passait dans cette eau maintenant puante, boueuse, parsemée de flaques de fuel et de détritus qui flottaient, de toits de voiture sur lesquels il nous arrivait parfois de marcher.
Étonnamment, il en restait beaucoup de ces gens qui avaient décidé de rester chez eux.
Des gens qu’il nous fallait vraiment déplacer, transborder, traîner vers le QG. Toujours avec leurs quelques effets d’urgence et leurs animaux domestiques effrayés.
Des gens âgés pour la plupart, des vrais résistants, les plus jeunes ayant très tôt profité de notre aide. Dès les touts débuts, en fait, à cause des enfants, de la peur, les difficultés de survivre sans électricité, ni eau courante, ni chauffage...
Bah, après tout, on les comprenait bien.
Si on avait eu le choix, nous aussi...

Comme vous vous en doutez sûrement, au point où on en est du récit, la relève ne se manifestait pas. Ils avaient même arrêté de nous la promettre.
Au QG, d’autres badauds nous ont ravitaillé. Pat et moi avions décidé de boycotter les casse croûte dégueulasses et secs fournis par les autorités et avions préféré les dons plus généreux et appétissants (et frais) des sinistrés eux-mêmes.

À l’heure du souper (après 19H00 en France), en cette veille de Noël, nous étions encore à arpenter les rues de Saintes, notre chaloupe à la remorque, dans l’eau qui avait par chance commencé à se retirer. Au pire, on en avait maintenant à mi-torse.
Nous sommes repassés sous les fenêtres de notre petite dame de la veille... elles allaient toutes les deux bien. Et jouaient aux cartes.

Pat commençait à sérieusement maugréer, la colère, la rage même, le gagnant peu à peu.
Quand on a à nouveau entendus des cris.
Deux rues à notre gauche (je n’avais plus aucune notion de point cardinal).
Guidés par notre ouïe et les quelques sens que nous avions encore en éveil, nous nous sommes précipités vers la source de cette nouvelle inquiétude...
À un moment, nous avons presque été submergés par une vague violente suivie de plusieurs plus petites.
Mais que venait-il donc d’arriver ?
Au détour d’une rue, on a retrouvé une autre chaloupe.
Une vieille dame assise dedans qui hurlait.
Un marin qui plongeait et refaisait surface sans cesse, en plein état de panique.
Chaque fois qu’il remontait pour respirer il hurlait :
- Fred ! Putain Fred ! Non ! Fred !
Pat et moi avons aussitôt commencé à l’imiter ne sachant même pas de quoi il en retournait vraiment.
Tout ce que j’avais compris sur le coup c’est que Fred, son pote de chaloupe, était coincé sous l’eau. Par quelque maléfice stupide et odieux.
On a plongé et replongé 100 fois sans pouvoir même franchir le seuil de la porte que Didier nous avait indiquée.
Une porte en demi sous-sol. Trois petites marches sous le niveau de la rue.
Bloquée par des tas de débris.
Impossible à ouvrir.
On est remontés à la surface.
Didier était défait.
Il n’arrêtait pas de pleurer, pris de convulsions.
La dame était tombée dans les pommes.
Entre deux sanglots, Didier est parvenu à nous expliquer que Fred était retourné chez la dame, au rez-de-chaussée, pour aller chercher une cage et son canari.
Sous son poids (Fred était un superbe gaillard de presque deux mètres), le plancher a cédé.
Encore une fois, impossible de faire autrement que constater la calamité.

Patrick et moi étions sur le point de perdre tous nos sens quand, devinez quoi ? la relève est enfin arrivée !

Le commandant en chef des forces d’intervention avait passé une bonne heure pour nous expliquer que, bien que tragique et tout et tout, la mort de Fred rentrait malgré tout dans les 7% de pertes auxquels l’armée a droit en toute situation de manœuvres.

Nous sommes finalement arrivés Pat et moi à la base qui nous hébergeait tous.
Il était tard.
Très tard.
Ou très tôt le jour de Noël.
Je ne sais plus trop.
Le réfectoire était presque désert.
Quelques mecs complètement saouls qui dormaient ça et là.
L’immense sapin écroulé, tombé sur le plancher couvert de débris.
La fête avait été mémorable.
Sûrement cette base n’avait-elle même jamais eu autant de convives un soir de Noël.

Patrick et moi nous sommes attablés avec un reste température pièce d’une bouteille d’un vulgaire mousseux, deux verres et chacun une assiette de morceaux de charcuteries, de pain et d’un peu de dinde.
On a trinqué à un Joyeux Noël... et éclaté en sanglots.

Depuis ces quelques jours là, outre une ferveur anti-militariste bien ancrée, un Noël sans neige revêt aussitôt à mes yeux des allures dramatiques de désolation.









December 1982.
My very first Christmas away from my home.
Recently arrived back in France, my native country that I knew only from history and tales I’ve been told, barely enlisted in the French Navy, “la Royale”, I was assigned in the city of Rochefort sur Mer.
We migrated to Québec when I was two years old so this 1982 Christmas is also my very first memory of a Christmas totally without snow.
As well as a Christmas lacking of a lot of other things.

Global warming and climate changes make good press nowadays but believe you me, in 1982, Mother Nature was already pissed off at us. Once again, this coming holly day reminds me of the maneuvers I’ve been part of that year they declared the “state of emergency” and the Security Organization Plan as all law enforcement resources were mobilized.
That year, I made friends in the police, the Army, the Navy, the Naval Aviation, the French Republican Security Company, the Firefighters, the Paramedics…
They needed us all that year in both Charente Departments. A big part of the Atlantic coast was under siege.
Cities like Saintes, Niort, Rochefort, even way over to Angoulême
I was sent to Saintes, near the coast, one of the hardest hit.
We were housed in an Air Force base nearby.

On December 23, after several days already on the fields, building sidewalks on stilts, strengthening weak menacing structures, the commander of the joined forces (a superior officer of our Navy) promised us we’d be replaced that very same day and they would give us Christmas day off cause we already done some pretty good work and everybody was so proud of us all.
Some of us wanted to be with their families. Some of us even had families of their own with wives and children. I was very happy for my buddies but I had nowhere else to go…

That day, Patrick (a new friend) and I were given a huge rowboat. Our task was to transport victims with whatever they wanted to carry away as urgent property like pets, clothing, anything precious enough to make us risk our lives for. In order to save energy, ease our work and reduce the number of our comings and goings, I decided to yield my seat and pull the boat from the water, immediately imitated by Patrick. Sometimes, we had water up to the shoulders and others, we got out of our depth and had to swim all together, hanging to the ropes.
The water rose for more then six meters that year.
Afterwards, they referred to it as the “flood of the century”.
Patrick was my commanding officer and I was the second in command. We did anything to have fun, to joke, even to clown around to ease everyone’s pain, especially those poor innocent people many of whom have lost everything. After all, it was Christmas for them too. Might as well make the best out of the worse.
Patrick was from the Naval Aviation, just one rank over me and a bit older too.
And much funnier. A true duo. Jerry Lewis and Dean Martin. Laurel and Hardy. Abbott and Costello.
We sang, laughed, made people smile, even laugh for some.

An old lady who refused to leave her home, way up there on the fourth floor, signaled her presence and we promised we’d stop by later on.

They’ve set up our headquarters at the crossroads of a bridge and a street that climbed a steep slope that fortunately stopped the River. There, everyone was stationed in some sort of improvised bivouac with tents and trucks, ambulances, speedboat engines (that we couldn’t possibly use because of waves and underwater obstacles), buses for transporting the rescued to the shelters and tens of bystanders and other roaming people, some of which just curious, some admiring, all of them grateful.
Each time we came ashore, there was always someone who ran towards us to discretely slip under our coats on in our pockets cartons of cigarettes, sandwiches, packs of cold cuts, snacks, juices, even alcohol bottles…
And we left to go back and look for other victims, other people to help, maybe save one or two…
My commanding friend didn’t even got mad at me anymore cause I refused to come aboard the empty boat and would rather wade in the water pulling.
I was soaking wet and it was definitely less cold into the water then out of it.
We were going to be replaced anyway before fall of the night… and maybe even sent back home… or so we thought.

Things were actually quite different.
After nightfall, at the edge of December 24, my buddy and I were both in the water, pulling and telling each other we were bound for one hell of a ride when a Petty Officer with two rowers came to warn us there would not be any relieve before the next afternoon and that we needed to ensure a round the clock presence to be attend to any emergencies and prevent looting.
- Hang tough guys! he yelled as in an American movie.
Patrick and I started singing again but this time, dirty adult songs.
Might as well have fun.
Then, Patrick remembered the nice old lady we promised to drop by again.
Our boat was empty.
Certainly off for the rest of the night.
Just like a break.
We were so soaking wet and cold.
And it was getting really late.
She was chatting with her across the street, same story neighbor, herself making a stand to hold her grounds until all this was to be over, her husband reluctantly complying.
They heard our dirty old refrains coming and had a good laugh. Our Lady friend was leaning on the window frame as if she was about to spend eternity there and waved at us, telling us to come up.
They both wished each other good night and lots of courage… “and see you in the morning” as Patrick and I tied our boat to the porch banister like a cowboy would have his horse and made it up the stairs bearing the world’s misery and suffering on our shoulders. Our Lady was so happy to see us. Our clothes wrung dried laid in the bathtub, she took out a bottle of Prince Hubert de Polignac VSOP Cognac and we started trying to relax for the night.
At the end of our strengths, of the bottle and its sweet nectar and of our confidences, we finally fell asleep of an unpleasant, uncomfortable nervous, disgusted almost sickened slumber, still and all relieved and somewhat happy.
To finally be waken up in the wee hours of the morning, even before the sun, by screams coming from across the street.
Dressed in a hurry in our still wet clothes, kisses and goodbyes to our Lady, there we went again, all rested and cheered up this time running downstairs to jump in our boat, cross the watery street and climb those stairs still running, four steps at a time.
There, the lady’s husband was laying flat on the floor, inert.
- But man, I don’t remember what to do!” most discretely said Patrick.
I gently signed him to shut up and started the CPR maneuvers we all learn when enlisting and did the technical part (chest compressions) as Patrick started the mouth to mouth.
There was not much else to do.
The woman kept encouraging us, incredibly calm and resigned.
- It happen all of a sudden, just like that” she was telling us. “He was standing then grabbed his chest then collapsed on the floor. Just like that…”

It was not even 7:00AM when Patrick and I reached the headquarters with our first lifeless body. The wife decided to stay behind so we took her to her neighbor’s.

All that 24th of December went as routinely as possible under the circumstances as we kept pulling our bloody boat that seemed to be ten times heavier with each extra hour we spent in this now filthy, dirty, stinky water scattered with floating diesel fuel puddles and the car rooftops that we occasionally stumbled upon.
There were surprisingly many people who decided to wait this out and stay home.
People that we eventually had to move out and carry along with their belongings and scared pets to our checkpoint.
More resilient elders for the greater part, the youngest ones having very early on taken advantage of our assistance. From the very beginning, in fact, because of children, of fear, of difficulties surviving without electricity, tap water or heating...
After all, we understood them…
I guess if we had been in the same predicament…

As you must have guessed by now, at this point of my story, the relief team was nowhere in sight… they even stopped promising it.
At our HQ, more bystanders refueled us. Pat and I decided to boycott the unspeakable dry lunches served by the military to rather feast on those fresher and more generous brought by them.

At supper time, after 7:00 PM in France, on that Christmas Eve, we were both still roaming the streets of Saintes, pulling the boat, walking in this fortunately now receding water. In the worst, we had it now up to the chest.
We passed again under the windows of both our Lady friends… they were both good… cold but good and still wanted to sit it out playing cards and drinking wine.

Pat was seriously beginning to grumble, the anger and fury gradually winning him over when we suddenly heard more screams and yelling.
Two street to our left (at that point, I had no cardinal point capabilities whatsoever).
Led by our hearing and the few senses we still had on alert, we rushed towards the source of this new commotion.
At one point, as to add to the tension, we were almost submerged by a violent wave followed of several smaller.
What in the hell just happened?
We turned a street corner and met with another rowboat.
In it, a woman freaking out.

One of ours, a sailor, kept diving and coming back up for grasps of air just to dive in again. Each time he surfaced, he screamed :
- Fred! No please, Fred! Fred!
Pat and I immediately began to do exactly the same not even knowing what all the ruckus was actually about.
All we understood was that, in some wicked devil’s way, his fellow boater got trapped under water.
We dove and dove back a hundred times if not any without even being able to move that damn door Didier pointed at.
It was like a split level half basement apartment door. Just three little steps down.
Blocked from the inside by tons of debris.
Virtually impossible to open.
Didier broke down.
He couldn’t stop crying and shaking.
The lady passenger finally fainted.
Still sobbing, Didier was able to explain that Fred returned inside the first floor lady’s home to fetch a cage and her canary.
Under his weight though (Fred was a superb big strapping guy), the floor gave way.
This time, there was absolutely nothing anyone could have done.

We were about to completely lose it when guess what? replacements finally arrived!

Our chief commanding officer spent more then an hour trying to explain that though sad and tragic and all, Fred’s death nevertheless came within the authorized 7% losses the army has in any maneuver situation.

Pat and I finally made it to the Air Force cafeteria.
It was so late.
Or so very early Christmas morning.
I can’t remember.
The place was a real mess and deserted,
Just a few drunken guys sleeping here and there.
The huge Christmas tree fallen on the floor covered with broken glass and junk.
All the evidence of a memorable party.
This base certainly even never had that many guests or that huge a party on any other Christmas Eve.
My friend and I sat at a table with a half bottle of room temperature cheap bubbly, two glasses and each a plate of leftovers… cold cuts, bread and some turkey.
We drank to a Merry Christmas and then, just then, both started to cry.

Since those few days I spent there, under those circumstances, besides a well anchored antimilitarist fervour, a Christmas without snow immediately take shape and form of drama and sadness.

jeudi 26 novembre 2009

Happy ThanksGiving

To my Readers and Friends from USA !

mardi 24 novembre 2009

Préparatifs - Preparations

Bon…
Ça doit être officiel, c’est sur presque toutes les lèvres…
Noël est au prochain tournant…
Traditions !
Le père Noël est déjà arrivé dans plusieurs grandes villes !
Messages subtils qu’on laisse échapper comme ça, sans véritable intention de recevoir car c’est bien connu, il est beaucoup plus agréable et stimulant de donner !
Caprices pas du tout subtils des enfants qui veulent tout ce qu’ils voient à la télévision.
Des trucs de gars pour les gars !
Des trucs de filles pour les filles !
Les gars qui veulent des trucs de filles paraissent toujours un peu à part… traditions !
Les filles qui veulent des trucs de gars paraissent toujours un peu à part… traditions !
Les organismes qui s’occupent des gens démunis et des sans abri débordent d’attention médiatique et de cadeaux coupables du grand public… traditions !
Les familles se réunissent autour d’un sapin décoré de mille lumières et artifices…traditions !
Parfois, ces arbres en sont de vrais qu’on jette allègrement après les Rois… traditions !
Ici, à Québec, on espère un Noël blanc… traditions !
À Montréal, qui souffre plus des ravages de la pauvreté et des iniquités, on souhaite le contraire et que les portes du métro ne soient pas fermées à double tour… traditions ?
Les bars et restaurants font le plein d’alcool… traditions !
Ma famille commence à réfléchir sur ce qu’on va faire… traditions !

Et c’est là que le bât blesse.
Le temps a passé. Dramatiquement vite. Avec ses départs, ses séparations, ses décisions unilatérales qui ont brisé des liens, comme dans toute bonne famille, les traditions seraient à réévaluer. Et il faudrait d’abord retrouver une signification à tout ça.
Chose certaine, ce qui était bon des années auparavant ne l’est plus nécessairement aujourd’hui.
D’autant plus que j’ai toujours été contre les reculs. Ici, de façon redondante, on dit retour en arrière
J’aime ma famille presque en entier.
J’ai toujours fait mine de rien avec ceux qui m’embêtent le plus et tout fait pour éviter ceux que je déteste foncièrement.
Et là, j’ai vieilli.
Peut-être plus que la moyenne, sûrement plus qu’eux... je me souviens qu’à la mort de mon oncle, on m’a reproché d’avoir pleuré en public...
Encore une fois, amende honorable.
Mais si on me posait la question, à moi, si on me demandait ce que tout ça veut dire, ce que certains appellent même des simagrées parmi les miens, je leur dirais que cette fête, par-dessus toutes, devrait s’occuper et se préoccuper de ceux qui n’ont rien, de façon temporaire ou permanente. De ceux aussi qui avaient tout et ont tout perdu.
Et des victimes de la bêtise humaine.
Je dis : Oui supportez nos troupes, mais en les ramenant à la maison !
Cette année, comme toutes les autres, j’imagine que je vais encore jouer au zombie... faire semblant... peut-être même faire un gâteau ou deux... cette fois-ci, ma sœur étant célibataire, elle ne risquera pas d'en prendre un pour l’apporter dans sa belle famille...
Ah... et faire des cadeaux... surtout à ma nièce et filleule... et au cas où vous vous posez la question, depuis quelques temps, j’ai opté pour des livres. Étant donné que tous les cadeaux qu’on lui a faits avant ont fini par la lasser et être rangés quelque part, voire même être oubliés, sûrement comme le font tous les enfants et tous les parents.
Mais des livres, ça reste.
Même par milliers...
Même des centaines d’années après.
Et puis, finalement, je plains ceux qui n’aiment pas vraiment Noël et qui n’ont pas la chance d’avoir un enfant près d’eux... si c’est votre cas, souvenez vous de vos Noëls quand vous étiez petits et trouvez en un à qui vous pourriez offrir un présent.
Choisissez le comme si c’était un qu’on allait offrir à vous enfant.
Emballez le avec du papier hyper voyant et coloré.
Mettez-y un ruban.
Une petite carte.
Et offrez le lui. À lui ou à elle.
Vous verrez.
Leur nature sait encore s’émerveiller.
Et puisez en leur joie, en leur surprise (même si instantanée et éphémère) toute l’énergie qui s’en dégage.
Et souriez.
Et c’est rare que je le fasse, mais voici :

À tous mes meilleurs voeux de Préparation d’un excellent Noël. Et que vous soyez seul ou en famille ou entre amis ou entouré d’étrangers, dites-vous qu’il y a toujours ici bas quelqu’un pour vous apprécier, vous estimer, vous aimer, ne fut-ce que vous-même.

Ne dit-on pas que Dieu (quel qu'il soit) est en chacun de nous ?




So.
This must be true since it’s almost on every lips.
Everywhere.
Christmas is just around the corner.
Traditions !
Santa has even already arrived in several cities.
Some throw barely subtle messages just like that, without no real hidden agendas, without true intentions of receiving cause everybody knows it’s always better to give !
Not so subtle demands from children who absolutely vitally definitely need that “whatchamacallitthingy they just saw advertised on TV.
And guy’s things for boys!
And girl’s things for girls!
Guys who want girl’s things still, to this day, appear to be apart… traditions!
Girls who want guy’s things still, to this day, appear to be apart… traditions!
Those who specialize in caring for the homeless and the destitute suddenly get the media coverage they'd deserve all year long… traditions!
Family gather around the Christmas tree decorated and illuminated… traditions!
Sometimes, these trees are even real ones that we blithely throw away after the Twelfth Night celebration… traditions!
Here in Québec, we dream of a White Christmas… traditions!
In Montréal, where poverty, iniquity and homelessness is a far bigger problem and occurrence, they wish for the opposite and that the subway will stay opened and its doors unlocked… traditions?
The bars and restaurants fill up on alcohol… traditions!
My family is beginning its reminiscing of our ancient Christmases and start planning… traditions!

And this is where it starts hurting.
Time has passed. Quickly. With the departures, the separations, the one-way decision-making that have definitely broken ties, as in any other family, traditions should be to reevaluate. And a signification to all of this should first off be found.
One thing is certain. What was good then is not necessarily now.
Moreover, I have always been against going backwards.
I love almost all my family.
I have always done with those who get the easiest on my bad side and done all in my power to avoid those I can’t deal with anymore.
Maybe I got older faster then the average, certainly more then them… I remember at the passing of my uncle, a bit more then a year ago, some made fun of my crying in public !
Once again, I made amends.
But if they were to ask me the question (which they often do but never take notice of the answer), if they were to ask me what all of this should mean, all this some even call play-acting, I would certainly bluntly tell them that this holiday should, above all and anything else, be dedicated to those who don’t have, those who had and lost and those who never had.
And to those who are victims of human madness.
Support our troops? Yes, by bringing them back home!
This year, like all others, I suppose I’m gonna play “active zombie”… pretend… maybe even bake a cake or two… this year, my sister being single, there is no way she’s gonna steel one to bring it to her in laws.
Ah… and buy gifts... especially to my niece and goddaughter (yeah, I know, they forgot I’m an atheist). In case you’re wondering, for some time now, I opted for Books. Most other gifts she received ended up stored somewhere, some even forgotten… surely as do all the children and all the parents…
But books… that remains.
Even by the thousands.
Even for centuries.
Come to think of it, I finally sympathise with those who don’t like Christmas and don’t know the happiness of having a child nearby… if it’s your case, try to remember your own as you were but a “pain in the butt” yourself and do your best to find one close by.
And give him something.
Chose the gift as if it was for you as a child.
Carefully wrap it with bright coloured paper.
Tie it up with a ribbon.
Maybe even a small word… a card… a little sticker “from… to…”
And bring it to his or her home.
Leave it under the tree… for them to open at the crucial moment.
You will see.
They do still have the faculty to marvel at almost anything.
Then, you must draw strength from their joy, their surprise (even if it’s to be instantaneous and ephemeral) and all the energy they break free.
And smile.
Hence these words that I so rarely use:
To each and all, my best wishes of Preparation for an excellent Christmas.

And that you shall be by yourself or amongst family or amongst strangers, remember there will always be here below someone to appreciate you, to think highly of you, to love you, if only yourself.

For, as they say, God (whichever he is) lies within.

jeudi 19 novembre 2009

La honte est Bleus ? - Shame is Bleus ?

Sans offenser tous ceux qui portent la couleur verte en étendard, quand j'étais petit, ma mère avait un dicton pour nous encourager... que ce soit la honte ou la fatigue ou quoique ce soit de négatif, c'était toujours vert (comme l'herbe) et les montons l'avaient mangé...
Mais aujourd'hui, la honte, elle est BLEUS et y'a personne qui va pouvoir me l'effacer !
Je suis français oui, mais je ne suis pas la France...
Et comme j'ai eu honte d'elle quand l'ordure à LePen s'est retrouvé au second tour des Présidentielles, comme j'ai eu honte du coup de boule de Zidane et de sa perte de contrôle, comme j'ai eu honte de Nelson Piquet qui, au nom d'une écurie, a conduit sa voiture dans un mur pour permettre à son coéquipier Alonso et à Renault de gagner une course, comme j'ai honte de plus de la moitié de mes compatriotes pour avoir foutu un nabot à la Présidence de la République, aujourd'hui, j'ai honte des BLEUS !
J'ai honte du foot français quand il se met à jouer au foot américain !
Et je ne vais pas suivre le Championnat du Monde de 2o1o.
Et j'espère que Renault va quitter la Formule 1.
Des fois, j'vous jure, c'est pas facile d'être français !


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With no offense to all to those who proudly wear the colour green as a flag, my mom used to tell us to encourage us when we were kids that anything bad and negative had the colour of grass and the sheeps ate it... wether it was tiredness, fear or shame, they all were green and the sheeps ate it...
But today, SHAME is BLEUS ! and noone can take it away !
I am french, yes, but I am not France...
And as I felt shame for my country when the garbage of LePen ended up at the second round of the Presidential election, as I felt shame for Zidane's loss of control and his head blow, as I felt shame when Nelson Piquet drove his F1 into the wall allowing his team mate Alonso and Renault to win one race, as I felt shame for half my compatriots for putting a fool at the Republic's Presidency, today, I feel ashame of LES BLEUS !
I am ashamed of french football that wants to play american football !
And I will not follow the 2010 World Cup.
And I sincerely hope Renault will give up Formula One competitions.
Sometimes, I tell you, it is not easy to be french !

Pause Pub - Commercial



Cette pub a été interdite aux USA mais j'ignore où elle a pu passer... elle fait la promotion d'un cellulaire "main libre" qui élimine tous les bruits environnants.

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This commercial was forbidden in the USA but I really don't know where it was allowed... it promotes a "free hand" cellular phone that eliminates all surrounding noises.

mercredi 18 novembre 2009

L'Héritage - The Legacy

Ce récit est une fiction et toute ressemblance avec un ou des personnages de la réalité ne serait que fortuite.
À une époque où l’impérialisme corporatif a meurtri les sanctuaires de l’intellect et emprisonné ses partisans, où les rares abris de la pensée humaine sont devenus fiscaux, où la richesse d’une âme ne se mesure plus qu’au nombre de ses employés, de sa masse salariale, où la quasi pure liberté ne se rencontre que sous l’emprise des révolutions, des guerres civiles; à une époque où l’homme peut bâtir sur la sueur de son père, de son propre sang, où les penseurs se sont effacés devant les administrateurs, les promoteurs, il ne m’est plus d’autre plaisir, d’autre délice que l’évasion, une fuite vers un horizon escarpé et lointain.
Chaque année, après m’être langui de ce moment ultime à travers les saisons froides, juillet enfin arrivé, je saute derrière le volant de mon Jeep décapoté pour emprunter l’autoroute 20 direction plein Est. Moins lancinante que dans l’autre sens, elle me régale sans cesse de ses vallons et des abords du Saint-Laurent avant qu’il ne s’élargisse au point de ne plus montrer sa rive nord. Les noms des villages, eux aussi, outre l’énumération de tous les saints du ciel, même des inconnus, ne manque d’égrener ma patience signalant notre progression. Saint-Germain, Sainte-Hélène, Saint-Joseph de Kamouraska, Saint-André, Saint-Alexandre.
Jusque là, cent dix, cent quinze kilomètres/heure, avec des pointes de dépassement à cent trente, cent quarante –n’en dites rien aux autorités- je pourrais, pour l’avoir mille fois parcouru, conduire les yeux fermés. Je connais par cœur le paysage, la route, ses creux et ses crêtes.
Après Notre-Dame du Portage, un aperçu sur l’Ile-aux-Lièvres.
Puis, Saint-Patrice.
Là, tout petit, passager, blotti dans notre vieille Chevrolet familiale, sur la banquette arrière(celle qui se déployait à l’envers et où l’on s’asseyait dos au conducteur) mon père avait pris l’habitude de m’annoncer la venue de la vaste dénivellation, juste avant Rivière-du-Loup. Chaque fois, je serrais mes paupières si fort que j’en voyais des étoiles, et, tandis que la voiture entamait la descente, je ressentais l’étourdissement presque nausée et mes oreilles se bouchaient.
Ça nous faisait tous rire. On riait beaucoup en famille. Je crois que c’est ce qui nous rendait si différents.
Après le creux, dans la montée, papa serrait à droite.
La 40 sud, direction Cabano.
Aussitôt, j’enjambais les deux bancs pour les rejoindre à l’avant.
Après l’annonce de Saint-Antonin et Saint-Modeste, la traversée de la rivière Verte.
Dès lors, c’était à vous couper le souffle, même aux plus aguerris.
Hormis des parcelles de coupe à blanc qui faisaient mal au cœur par endroits, comme des foulards démesurés autour des cols montagneux, le paysage majestueux déroulait une toile de maître sous mes yeux émerveillés.
Je ne m’adressais plus à mes parents que pour lâcher des Ah ! et des Oh ! admiratifs.
À Saint-Louis du Ha! Ha!, nous tournions sur la 232 et longions, très lentement, le lac Témiscouata.
Ah les splendeurs de ce pays !
À destination, un village baptisé Esprit Saint, nous quittions la route pour un chemin en pleine forêt et, treize kilomètres de terre battue et gravillons plus tard, nous arrivions enfin.
Dans une large clairière, une immense construction en rondins sur deux étages.
Bâtie sur une importante colline, elle trônait au-dessus du lac Étroit –ainsi nommé comme il s’étalait au pied de la montagne sur trois ou quatre kilomètres par à peine deux cent mètres de large. Tout autour, le relief dressait l’échine, époustouflant. Des pics immenses, tantôt rocailleux, tantôt boisés, tantôt dévastés par les bûcherons, tantôt trop arides pour que quoi que ce soit n’y ait jamais poussé.
Je contemplais, chaque fois plus passionné, plus assagi, mon Éden.
Ce parcours, comme l’expédition suscitée, était tradition familiale. Inviolable, inaltérable.
Plus tard, l’aîné de huit enfants, mon père a hérité du domaine. Et puis, avec les jalousies, l’éclatement des familles, les divorces, les décès, les exodes professionnels, nous en avons longtemps été ses adeptes exclusifs.
Fils unique, l’endroit m’a finalement été légué.
Célibataire endurci compensant l’ennui par une dévotion au travail, orphelin depuis maintenant cinq ans, c’est seul au volant de mon tout-terrain dénudé que j’y descends, ermite pour six semaines, mes vacances annuelles.
Chaque fois avec plus d’empressement, de hâte et un plaisir inexprimable ne puisant quand même pas toute sa force dans les seules richesses bucoliques.
Non plus dans cette maison immortelle, avec ses deux grands salons, sa cuisine désormais moderne, sa cheminée, ses deux salles d’eau et de bain, ses cinq chambres à coucher et sa salle à manger montée sur pilotis au-dessus du lac Étroit.
Pas plus qu’il ne se veut respect de mes aïeux.
Ni même cérémonie à nos coutumes.
Non.
Ce qui presse là mon délice, sans faille, sans cesse plus loin, plus longtemps, plus gourmand, ce sont les livres.
Des milliers de livres, dont plusieurs dorent les lieux depuis mon arrière grand-père.
Des milliers de livres accumulés, achetés neufs ou aux puces, recouverts ou intacts, parfaitement reliés ou abîmés ; des romans, des pièces de théâtre, des biographies, des autobiographies ; des ouvrages scolaires, scientifiques, encyclopédiques ou théologiques ; un exemplaire original parfaitement conservé du Cyrano de Rostand ; un livre manuscrit signé Jean-Baptiste Poquelin (Molière) ; Guerre et Paix de Tolstoï ; tout Sacha Guitry, Nelligan, Michel Tremblay. Montesquieu, Montherlant, Molière. Les poètes maudits. Et des anglo-saxons. Shakespeare. Wilde. Poe. Shaw. Hemingway. Dickens. Sawyer.
Il y a en cet endroit reclus et perdu dans la forêt dense et au bout d’un monde, un univers à découvrir, un pays, à lui seul, destination de rêve.
Un héritage que j’aimerais, comme on l’a fait pour moi, transmettre.
Jamais je n'aurai de descendance.
Et j’atteindrai bientôt le cinquième tiroir.
Alors que faire ?
Que faire de tout cela ?
Que faire d’autre, après qu’on me les lus, après que j’en ai eu relus, après d’éventuelles première lectures, que faire d’autre qu’écrire, faisant d’une pierre deux coups.
Ajouter des œuvres à cette impressionnante bibliothèque.
Et léguer, puisque c’est le but de l’existence, ce qu’on m’a appris et enseigné.
L’amour de la lecture, des livres.
Comme une passion véritable.
Et vitale.


At a time when corporate imperialism has ravaged the sanctuaries of the intellect and imprisoned its followers, where the few shelters of the human mind are just for tax purposes, where the wealth of a soul is measured more by the number of its employees and the size of its payroll, where the almost pure freedom is only found under revolutions and civil wars; at a time where man can build on the sweat of his father, of his own blood, where thinkers disappear before administrators and promoters, I have no other delight, no other pleasure then an escape towards a steep and distant horizon. Each year, after having languished for it all through the cold seasons, July finally there, I jump behind the wheel of my convertible Jeep on Highway 20 and head due east.
Less boring then its western counterpart, I always rejoice with its small valleys and the most exquisite ride along the Saint-Lawrence River before it widens to the point of not showing its north shore anymore.
Even the names of the villages we pass by, aside from listing all the saints in heaven, some of which unknowns, never fails to signify our progression. Saint-Germain, Sainte-Hélène, Saint-Joseph of Kamouraska, Saint-André, Saint-Alexandre.
Up to that point, a hundred and ten, hundred and fifteen kilometres an hour (around 70MPH) with bursts up to a hundred and forty (86MPH) to pass (please don’t squeal). I knew that road so well I could have done it blindfolded. I know by heart the scenery, the road, its dents and peaks.
After Notre-Dame du Portage, a glance on the Ile aux Lièvres.
Then Saint-Patrice.
Years ago, as a tiny boy sitting in the family’s Chevrolet Station Wagon, on the rear view back seat, my father used to tell me as we approached the huge gradient, right before Rivière-du-Loup. Each time, I clenched my eyelids so hard that I saw stars and as the car went down the hill, it brought such a rush that my head spun and my ears got clogged.
It never failed to make us laugh. We laughed a lot as a family. I think that is mainly what made us so different.
After that, while driving back up, my father kept the right lane to take the highway 40 south towards Cabano.
Usually, I then treadled over to the front seat.
After Saint-Antonin and Saint-Modeste, we would go over the Verte River.
From then on, the scenery was breathtaking even for the hardest at heart.
Aside from a few sad clearcutting areas, like scarves around the mountain tops, the majestic landscape unveiled a masterpiece in front of my very eyes.
I could only utter admiring “ahs!” and “ohs!”
At Saint-Louis du Ha!Ha!, we had to take the 232 and drive alongside the Lake Temiscouata.
Ah the splendours of this country!
The trip would finally get to an end in a village called Esprit-Saint where we had to leave the pavement for a dirt road in the forest and thirteen kilometres later, we were finally there.
Built in a clearing on a hill, a huge two story log mansion sat almost over the Lake Étroit (Lake Narrow) so named because it stretched at the foot of the mountain for three or four kilometres by a mere two hundred metres wide.
All around, the decor stood head high even more breathtaking. The proudest peaks, sometimes rocky with scarce trees, sometimes devastated by lumberjacks, sometimes so dry that nothing had ever grew.
Each time more fascinated and relaxed, I loved to contemplate my Eden.
The journey being as worthy as the destination it also was our most revered family tradition.
Inviolable, immutable.
Much later on, the oldest of eight children, my father inherited the Domain.
As years went by, although all were welcome, with the animosity, the outbursts, the divorces, the deaths, professional transfers, we ended up its sole visitors.
An only son, it was finally passed on to me.
A toughened bachelor compensating loneliness by a devotion to his work and now an orphan, I drive down there solo behind the wheel of my top-down convertible Jeep, in hermitage for the six weeks of yearly vacation I have, thanks to seniority.
Each time with more eagerness and that same inexpressible joy that does not take all it strength in the bucolic richness alone.
Or in this superb majestic eternal house with its two huge living rooms, its now modernised kitchen, its fireplaces, its shower and fully loaded bathrooms, its five bedrooms, its magnificent dining room built on stilts over the Lake Étroit.
Nor is it just dedicated to the memory of my ancestors.
Nor a ceremonial to our customs.
No.
What makes me so eager and in a hurry to get there and stay for the longest time as possible, are the books.
Thousand of books many of which array the walls since my great grand-father.
Thousands of books bought new or at flee markets, restored or untouched, perfectly preserved or weakened ; novels, plays, biographies, autobiographies ; educational, scientific, encyclopaedic or even theological books ; an original edition of Edmond Rostand’s Cyrano de Bergerac ; a manuscript signed by Jean-Baptiste Poquelin (Molière) ; an autographed specimen of Leon Tolstoi’s War and Peace ; the complete work of Sacha Guitry, Emile Nelligan, Michel Tremblay ; books by Montesquieu, Montherlant, Molière. The Accursed Poets ; Wilde. Poe. Shaw. Hemingway. Dickens. Sawyer.
There is in this secluded forsaken place planted in this dense forest at the end of our modern world this attraction force, this dream destination, this human sanctuary.
A legacy that I absolutely want to pass on as they did onto me.
But I have no kids.
And I will soon reach my fifth decade.
So now what ?
What to do with all this ?
What else then, after some have been read to me, after I’ve read some by myself, after I read those I don’t know yet, what else is there to do then write, killing two birds with one stone.
Adding some of my own to this impressive library.
And since it is to me the only goal of existence, passing on what has been taught to me.
The love for books and reading.
As a true and vital passion.

This story is fictional and any similarity with real characters would only be accidental.

samedi 14 novembre 2009

Voyez ça ! - Check that out !

Ils appellent ça des Vidéos anti-dépression !

TROP COOL :)

*

They call them Anti-Depression Videos !

TOO COOL :)

vendredi 13 novembre 2009

Sondage intimiste - Intimist survey

Aujourd’hui, il me prend l’envie de faire un petit sondage intimiste… juste entre vous, les quelques-uns qui me lisez, et moi.
J’ignore si c’est parce que je vieillis ou que j’ai peut-être un peu plus le temps de porter attention à ce qui se passe autour de moi, aux autres ou que je regarde plus les nouvelles, mais depuis quelques temps, mes observations au pas de l’écrivain tentent de répondre à une question qui ne m’est sûrement pas exclusive.
Le bonheur ? C’est quoi ? Ça existe ? Il dépend de quoi de le trouver, de l’atteindre et de le garder ?
Après quoi courons-nous ?
Le jour du dernier souffle, du dernier soupir, que faut-il que nous ayons accompli pour pouvoir partir la conscience tranquille ?
Quand j’étais petit, je rêvais de choses simples.
Une maison au bord de l’eau.
Un copain.
Des gros toutous et peut-être même un cheval.
Des amis.
Je voulais des enfants jadis…
Aujourd’hui, je me rends compte à quel point toutes ces choses simples sont en fait des plus compliquées. Niveau logistique, vie courante et moderne, sociabilité, coût.
Je parle avec beaucoup de gens. J’échange avec eux. Chacun a sa façon de définir le bonheur et de concevoir l’avoir atteint ou pas, de le croire accessible ou pas, d’y croire ou pas.
Ceux qui réussissent et atteignent leurs objectifs disent à qui veut les entendre qu’il ne faut jamais cesser de rêver et de vivre en fonction de concrétiser nos rêves.
Et ceux qui sont fatigués de cravacher et de s’acharner, comment réajustent-ils leur tir ?
Nous devons être nombreux à y parvenir sinon les statistiques en seraient dramatiquement influencées.
Alors… ?
Si vous me posez la question, là, aujourd’hui, ce qui me faisait rêver jadis me fait désormais fantasmer. La maison au bord de l’eau. Le copain. L’équilibre affectif. La plénitude. Le Nirvana.
Et ce qui fait mon bonheur est encore plus simple que jamais. Une bonne chanson. Un bon café. Une soirée tranquille.
Je me considère athée dans le sens où je ne crois en aucune religion. J’ai une spiritualité et je lui accorde l’importance qu’elle mérite, mais je n’adhère à aucune croyance purement religieuse.
J’ai d’ailleurs écrit : " Si tu crois en Dieu, tant mieux pour toi, tu as la garantie du paradis après la fin de tes jours… sinon, tu devras faire en sorte de te le procurer pendant ton passage ici-bas."
Je crois que c’est ce à quoi je me suis acharné, le plus souvent envers et contre tous.
Je ne suis peut-être pas bienheureux ni vraiment heureux, mais je ne suis certainement pas mal heureux ni malheureux.

À mes yeux, l’essence de la vie, de l’existence, est la trace qu’on laisse ici-bas, le souvenir qui marquera notre passage.

Alors, je vous le demande… Le bonheur… il tient à quoi ?

Today, I just feel like doing an intimist survey… just between you who read me and I.
Have no idea if it’s because I’m getting older or that I just take more time to look around, watch the news or just pay more attention to others, but I do feel that my observations at writer’s pace tend more and more towards finding answers to a question that for sure is not only my own.
What is Happiness ? If it only exists… what does it depend upon to find it, to make it real and then to keep it ?
What are we looking for ?
The very day of our last breath, what must we have done and achieved to consider leaving with a clear conscience ?
Much younger, I dreamed of simple things.
A house by the water.
A boy friend, a lover.
Nice big dogs.
Friends.
I wanted children then…

Today, I realize how all these simple things actually are much more complicated and on so many levels. Logistically, day to day and modern life, socially, cost…
I really talk with quite a lot of people on a daily basis and each of us has his own definition of happiness and his own ability to assess its accessibility or achievement, even to believe in it or not.
Those who successfully reach it tell everybody else to absolutely stick to their dreams, their goals, and have no end then their fulfillment.
And those who are just too exhausted to keep working at it like crazy, how do they find it to adjust their aim ?
We must be so numerous to do just that once in a while otherwise the statistics would be dramatically different.
So ?

If you were to ask me right now, right here, I’d say that what was a dream back then is now a fantasy. The house by the water. The boyfriend. The emotional balance and fullness. Seventh heaven.
And what does it to me is definitely simpler and more accessible. Good songs. Great music. Good coffee. Quiet evenings. Great dinner with great company.

I consider myself an atheist as I don’t believe in any religion. I have spirituality and I give it all the importance it deserves but I don’t adhere in purely religious beliefs.
I once wrote “if you believe in God, good for you, you know you will find heaven after you’re gone… if not, you will have to deploy all in your power to achieve it while you are here.”
I think this is what I’ve tried my best to do, against all odds.
I may not be blissful or crazy happy, but I am certainly not unhappy neither falsely happy.

To me, the essence of life, of existence, is the mark we leave when we’re gone, the memory of our stay.

I’m asking you?
Happiness… what is it made of?

mercredi 11 novembre 2009

Les Poilus

Jour du Souvenir - Remembrance Day

Ceux qui me connaissent savent que sans être un militant zélé, je suis quand même anti-guerre, non-violent, un tantinet anti-militariste (même en étant ancien militaire) et anti-manifestations et marches de toutes sortes.
Certes, ils le savent. Et vous le savez aussi maintenant.
Ils n’ignorent pas non plus que j’ai fait des recherches généalogiques très fructueuses il y a quelques années, recherches m’ayant permis de retrouver la trace d’un aïeul et de le réintégrer à ses foyers et le rendre à sa famille.
Mon Arrière Grand-Père. Notre Poilu.
Joseph Marie Géré, né à Villeurbanne le 6 octobre 1890, décédé à l’Hôpital Mixte d’Abbeville, dans la Somme, le 27 mai 1915.
Incorporé pour faire son service militaire obligatoire (18 mois à cette époque) en 1910, on l’avait démobilisé après son temps réglementaire pour le réintégrer à nouveau par conscription en 1914 et lui faire rejoindre le rang des Poilus.
Mon travail de recherche m’a conduit à croiser le chemin du Médecin en Chef Xavier COURBON, Chef du Service des Archives Médicales Hospitalières des Armées à Limoges.
Par le dévouement de cet homme passionné par son travail et ses responsabilités, j’ai pu apprendre que mon Aïeul, dont nous ne savions presque rien, est décédé des suites de blessures subies lors d’un « acte d’éclat » durant la Campagne d’Allemagne où il a combattu de Août 1914 à sa mort, le 27 mai 1915.
Dignitaire de la Médaille Militaire par arrêté ministériel du 23 Juillet 1920, mon arrière grand-père était décrit dans son livret militaire comme un homme exceptionnel, un meneur de troupes qui n’avait pas peur de prendre des initiatives et d’être le premier. Ce qui causa d’ailleurs sa perte, grièvement blessé par un éclat d’obus en menant une offensive dans un dépôt souterrain allemand de munitions.
Par chance, le 26 janvier 1911, entre ses deux périodes militaires forcées, Joseph Marie Géré et son épouse Eugénie Beau ont déclaré en l’Hôtel de Ville de Lyon leur enfant unique, une belle petite fille nommée Ernestine Louise Géré, mère de mon papa.
Comme quoi, quand on est né pour laisser une trace indélébile, on n’a pas besoin d’une éternité ici-bas.
Alors, en ce jour, une pensée pour ces millions de gens tombés au nom de la bêtise humaine à son paroxysme.

Une pensée pour toi Grand Papi !




Those who know me are aware that without being a zealous activist, I am, by nature, an anti-war almost anti-military (even though a former French Navy man) and anti walks and protests of almost all sorts.
Of course, they know it. And now, so do you.
They don’t ignore either that some time ago I have done extensive research to build my family-tree up. The task was huge considering I come from places that were often devastated by political conflicts but they allowed me to restore the memory of an ancestor and bring him back to our family.
My great grand-father Joseph Marie Géré, born in Villeurbanne the 6th of October 1890, deceased at the Abbeville Mixed Hospital, in the Somme Region, the 27th of May 1915.
Enlisted for his “military service” (that lasted 18 months then) in 1910, he was demobilized to be reinstated by conscription in 1914 to fight in the Great War, the first and deadliest.
My research led me to cross path with the Médecin en Chef Xavier COURBON, Chief of the Military Hospital Medical Archives in Limoges, France.
Thanks to this great man’s devotion and love of his work, I learned that my great grandfather, who was but a blurry souvenir in my father’s mind, died from wounds sustained in an “act of courage” during the German campaign where he fought from August 1914 to his death, the 27th of May 1915.
Receiver of the posthumous “Médaille Militaire” the 20th of July 1920, his military record described him as an exceptional man, a born leader of troops who was not afraid to take initiatives and be the first, which led to his loss as he was severely wounded by shrapnel while leading his battalion in an offensive against a German underground ammunition storehouse.
Luckily, the 26th of January 1911, between his military service and his enrollment in the terrible war, Joseph Marie Géré and his wife, Eugénie Beau, declared at the civil authorities of the Lyon City Hall their only child, a wonderful little girl named Ernestine Louise Géré, my father’s mother.
Just to prove that when you are bound to leave an immortal earthly trace, you don’t need an eternity.
So, on this day, this 11th of November, just a simple honest true thought towards all those who lost their life to the once again paroxysm of human stupidity and madness.

A simple thought for you Great GrandDaddy.

mardi 10 novembre 2009

Promenade le long du fleuve - Promenade on the River shore

Ça ne m'arrive pas souvent, mais chaque fois j'en profite quand même un peu, j'avoue. Je viens de passer un bon moment seul avec ma mère, en voiture.
Nous sommes allés faire des courses à la Ferme de Ladurantaye, entre Cap St-Ignace et Montmagny, à quelques brassées à l'Est de Québec.
J'ai même leur site en référence depuis longtemps.

D'abord, ne pas chercher la ferme au village de La Durantaye. Elle s'appelle "de Ladurantaye" parce qu'elle porte le nom du propriétaire.
La Ferme se spécialise dans la viande NATURELLE de Charolais dont ils sont éleveurs, transformateurs et distributeurs. Du boeuf d'une catégorie que j'ai rarement dégustée.
En fait, le goût de cette viande me rappelle carrément celle qu'on trouvait quand j'étais petit dans les boucheries. Une viande saine, dépourvue de tous les artifices des producteurs d'aujourd'hui et, de surcroît, nourrie naturellement.
En plus, ils distribuent des producteurs locaux comme du porc, notamment le plus merveilleux jambon (naturel ou fumé au sirop d'érable et au bois d'érable), je ne sais plus combien de sortes de saucisses et les plus gros poulets de grains que j'avais jamais vus.

Mais, et c'est surtout ça qui est intéressant, cette fois-ci, j'y suis allé seul avec ma mère et même si on a parlé des problèmes de couple de la famille (ma soeur, mes cousins, mon frère, même mes parents), eh bien ça me fait passer un petit moment avec elle.
Elle est sympa ma mère. Et drôle surtout.
Et ce même s'il y a toujours eu une certaine distance entre nous.
Je n'ai jamais été habitué à confier mes problèmes ni mes soucis aux miens et on m'a très tôt fait comprendre les bienfaits de l'autonomie affective. Et puis, pour être honnête, je m'y suis habitué et y suis même accroc aujourd'hui.
Mais quand même, j'aime bien ces moments passés en leur compagnie, mon père ou ma mère ou les deux. À mon âge, je me considère chanceux de les avoir encore tout proches, en forme et jeunes encore.
Mon paternel a juste 73 ans et ma mère va faire 70 en janvier prochain.

Ceci dit, si vous êtes de Québec ou des environs, je vous mets une copie de ma facture et vous verrez les avantages d'acheter directement du producteur... au total, près de 6 kilos de viande.
J'ai déjà fait le calcul... trois fois moins cher que dans les supermarchés du coin.
Et en plus, on se promène.
Un deux pour un !








It doesn't happen often but I just spent a good moment driving with my mother, all by ourselves she and I.
We went to "de Ladurantaye" farm, between Cap St-Ignace and Montmagny, a few kilometers East of Québec City.
I've had their website in here for quite sometime.
First off, do not look for the Farm in the La Durantaye village in the same area because it is called like that for the name of the owner, monsieur de Ladurantaye.
They are specialised in 100% natural Charolais beef that they raise, transform and sell themselves. A meat of a quality I have rarely tasted.
In fact, this meat has exactly the same taste and texture as meat did when I was a boy and that my parents bought in butcher's shops. No artificial flavors, no antibiotics, no conservation products. Way before governments decided to control and affect everything.
Moreover, they distribute local productions such as pork, notably the most delicious Maple sirup and Maple wood smoked ham, I don't know how many sorts of saussages and the biggest grain-fed chickens I have ever seen in my life.
But what I really like about going there is the moment it allows me to spend in a car with someone I am close to. This time, just my mom. Even though we've talked a lot about the problems of the couples of the family (my sister's, my cousins's, my brother's and even my folks's) it gave me a quiet tête-à-tête with her.
She is very cool, my mom, and funny.
Even though there is a distance between she and I.
I've never been used to confide in my family members for my personnal stuff and to tell you the truth, I've grown accustomed to that and I couldn't see it otherwise.
I have been thaught at a very young age the virtues of emotional autonomy.
Still, I really do enjoy these priviledged moments with them, both my mom and dad.
At my age, I know that I must consider myself lucky to have both of them still by my side and in good shape and healthy.
My dad is only 73 years old and my mom turns 70 next january.
This said, if you are in Québec City or the area, I scanned today's bill at la Ferme de Ladurantaye so you can witness the main advantage of buying directly from the producer... around 6 kilos of fresh natural meat.
I counted and checked once with the supermarket nearby. About a third of the price.
Plus, I got to take a ride and spend a moment with my Mom.

lundi 9 novembre 2009

20 ans plus tard - 20 years later

On en a eu un !

Ceux qui ont aujourd'hui 20 ans et qui n'ont pas connu le mur de Berlin en ont malheureusement d'autres pour leur montrer que la bêtise humaine peut encore frapper.

N'est-il pas temps de les faire tous tomber ?

Si cet "anniversaire" peut nous montrer quelque chose, c'est que quand il le veut, l'humain le peut !














We've got one !

Those who are 20 years old today and have not known the wall of Berlin unfortunately have others to prove them how human stupidity still can harm and hurt.

Is it not more then time to make all of them fall ?

If this day of "celebration" can bring us to realize something is that when he wants, human can !

dimanche 8 novembre 2009

Laissez la tranquille - Let it be !

La flamme olympique !
En 2008, un peu partout à travers le monde, d'Athènes jusqu'à Pékin, en Chine, le relais de la Flamme Olympique a été sans cesse interrompu tandis que des contestataires qui voulaient forcer le gouvernement chinois à redonner sa liberté à un Tibet devenu "région administrative chinoise" dès les années 1950.
En 2009, en prévision des Olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver, dans notre beau pays canadien, ce sont d'autres êtres errants qui entravent la progression de la Flamme Olympique pendant son périple à travers le pays.
Les Ours Polaires !
Décidément. Elle n'aura donc plus jamais la paix ?





The Olympic Torch !
In 2008, all over the world, from Athens to Beijing, the Olympic Torch Relay was often interrupted by protesters who wanted China to liberate Tibet, a "chinese administrative region" since the 1950s.
In 2009, for the 2010 Winter Olympics in Vancouver, it is different wandering natural obstacles that are hindering its journey across our beautiful Canadian country.
Polar Bears !
Majestic and all Mighty !
Will it never travel in Peace anymore ?